Jean-René Lassalle, « 5 stèles minces » poèmes inédits (III, 12, inédits)


Ces ‘5 stèles minces’ du traducteur et poète Jean-René Lassalle montrent éloquemment son immense créativité dans la langue, ici française.


 

indigo entre deux bleus

 

hors la ville de falaise et cre

vasse un cube de lumière inconstruit faseye

dans l’espace éployant l’horizon qui s’en

fuit entre 2 bleus violettant les réverbères

s’éteignent devant les étoiles et 2 enfants

s’endorment sur chaque bout de table un mur

cyclope pointe sous les ruines un objet

peut s’éclairer d’un saut intérieur le projet

inachevé scinde l’habitat la cascade

des photons s’autoreproduit deux chaises se dés

emboîtent sur l’île hydre au travers du roseau

rougeoyant rubis jaillit une pe

tite re-maison semblant chafaudée manu

ellement ses miroirs répercutent infiniment

les particules mais elle ancre sur terre é

panouit le sensible au ciel sous

le voltage gazeux luisant indigo

 

 

 

ombres en surbrillance

 

surbrillance oxygénée suggère

qu’on lui télécharge notre conscience

en ami-plus évitant les sujets

même si passagers apportent leurs propres

bougies ticipant à tordu visuel

puzzlé au sein de la toupie muzak

entrecoupée de chats et cris où

éteignant le compensateur de vide

la pensée s’extirpe de son découpage

à inanition car les illuminations

de la tour par arcs pâlissent

sous la lune radiante lors l’être

auré de frêlité intra-fragilité poly

sensorisé marteau-module d’ostinato

rythmique ligne cercle triangle qui

se géotransforment afin que les pigments

des sols orguent un théâtre d’ombres

sourcières quand patient nanominiaturiste

gelralenti pousse sur rails son macro/

microscope vers hachures mer-montagne

qui serpentinent sur velours vert du cosmos

où corps dorés discutent dansant de savoir

si existe humain qui se crée soi-même

un fil tendu entre terre et ciel

irruptant de la caverne chantante

 

 

 

conjectures sur voix

 

électro-émerveillement de co

naissance si avec partition d’oiseaux

le code nuisible ne que

falote et vent apporte échos

de promeneurs lents dans les

champs un mini-squelette s’il

lumine de sa tête-bulbe quand

des visages volés réclament ef

facement les blocs tombent et re

tombent de hauteurs obscures un

simple photon clignotant s’enfle

et une silhouette prédictive se profile

une seconde en rayon dévorant qui

découpe l’acier puis une ombre agite

son display dans hypernuit quelques

fleurs en chair se redressent sans

cesse l’avatar doit debout travailler évitant

l’infinie voûte qui perpétuelle s’effondre

sur étendues de sable gris ocre roux

deux nus plongent dans boucherie sous-

marine le restant copule avec

la ruine qui l’intègre écoutant sa

silencieuse explosion de rêve l’arbre

conjecture où vont ces voix qui n’en

tendent plus lors qu’un corps cé

leste zénithait bronzuré mégalithe

 

 

 

marcheurs et muñecas

 

em blême dans les r

êts s’éveille nez effacé bouche

esquissée yeux découpés immotile

y sous-creuse en froid din

don à post-extase rutile orbites

vers la clé d’or de l’est as

signant étiquettes aux quantités

modélise parfaisant son dis

cernement d’enveloppes de pierre

périmétrant les marcheurs de cen

time par rocs verts lustrés la voix

s’in clone entre affichage ex

acerbé les in-finis noninfirmes

échappent à surdité en l’orange occi

dentale hé muñecas quitapenas

mangez pain-peine le corps

chatoie en ondes étrécissantes tribu

pelotonnée vendent ces électrons no

mads filecotonne où

dort chut et filament incandescent

renouvelle sa pssyché bras d’alu

miettes non-brisés croque-tracas

deux étoiles à balanciers humaines

vont sur labours courser chien lunaire

 

 

 

mosaïque de gestes

 

œil et ouïe cillent dans abri

ajusté où deux longs bras lacent

cheville musclée d’une pureté-

traum dream trauma paisée

ou fondue quel ascendant sou

venir dogue dans vivant sur

terre ou en ciel-tulle trans

formée dans l’infi-variété des

colorsensibles pour mosaïque de gestes

sur archive pourpre ou dorée par

craie sur neige quand les étoiles

en confiance construite alignent leurs

imaginaires dans une stèle antiguerre

recomposée leurs tenses teintes au tra

vers d’un charbonnage rougesang que

chacun/e peut nuancer de bleu

et verre aluminium moléculé glacisant

vapeurs légères dans espace de respir

ation la conversion de photons en élec

trons et retour en lenteur atten

tive aux jours qui se dénuagent

multipose delà équerre nue une

claire image de pensée millilignée

d’embruns aérographiant cette

minute bougie d’ouvre-main

 

 

Jean-René Lassalle donne tous les mois un dossier de traduction complet à Poesibao.

Il a écrit personnellement plusieurs livres.