Ces ‘5 stèles minces’ du traducteur et poète Jean-René Lassalle montrent éloquemment son immense créativité dans la langue, ici française.
indigo entre deux bleus
hors la ville de falaise et cre
vasse un cube de lumière inconstruit faseye
dans l’espace éployant l’horizon qui s’en
fuit entre 2 bleus violettant les réverbères
s’éteignent devant les étoiles et 2 enfants
s’endorment sur chaque bout de table un mur
cyclope pointe sous les ruines un objet
peut s’éclairer d’un saut intérieur le projet
inachevé scinde l’habitat la cascade
des photons s’autoreproduit deux chaises se dés
emboîtent sur l’île hydre au travers du roseau
rougeoyant rubis jaillit une pe
tite re-maison semblant chafaudée manu
ellement ses miroirs répercutent infiniment
les particules mais elle ancre sur terre é
panouit le sensible au ciel sous
le voltage gazeux luisant indigo
ombres en surbrillance
surbrillance oxygénée suggère
qu’on lui télécharge notre conscience
en ami-plus évitant les sujets
même si passagers apportent leurs propres
bougies ticipant à tordu visuel
puzzlé au sein de la toupie muzak
entrecoupée de chats et cris où
éteignant le compensateur de vide
la pensée s’extirpe de son découpage
à inanition car les illuminations
de la tour par arcs pâlissent
sous la lune radiante lors l’être
auré de frêlité intra-fragilité poly
sensorisé marteau-module d’ostinato
rythmique ligne cercle triangle qui
se géotransforment afin que les pigments
des sols orguent un théâtre d’ombres
sourcières quand patient nanominiaturiste
gelralenti pousse sur rails son macro/
microscope vers hachures mer-montagne
qui serpentinent sur velours vert du cosmos
où corps dorés discutent dansant de savoir
si existe humain qui se crée soi-même
un fil tendu entre terre et ciel
irruptant de la caverne chantante
conjectures sur voix
électro-émerveillement de co
naissance si avec partition d’oiseaux
le code nuisible ne que
falote et vent apporte échos
de promeneurs lents dans les
champs un mini-squelette s’il
lumine de sa tête-bulbe quand
des visages volés réclament ef
facement les blocs tombent et re
tombent de hauteurs obscures un
simple photon clignotant s’enfle
et une silhouette prédictive se profile
une seconde en rayon dévorant qui
découpe l’acier puis une ombre agite
son display dans hypernuit quelques
fleurs en chair se redressent sans
cesse l’avatar doit debout travailler évitant
l’infinie voûte qui perpétuelle s’effondre
sur étendues de sable gris ocre roux
deux nus plongent dans boucherie sous-
marine le restant copule avec
la ruine qui l’intègre écoutant sa
silencieuse explosion de rêve l’arbre
conjecture où vont ces voix qui n’en
tendent plus lors qu’un corps cé
leste zénithait bronzuré mégalithe
marcheurs et muñecas
em blême dans les r
êts s’éveille nez effacé bouche
esquissée yeux découpés immotile
y sous-creuse en froid din
don à post-extase rutile orbites
vers la clé d’or de l’est as
signant étiquettes aux quantités
modélise parfaisant son dis
cernement d’enveloppes de pierre
périmétrant les marcheurs de cen
time par rocs verts lustrés la voix
s’in clone entre affichage ex
acerbé les in-finis noninfirmes
échappent à surdité en l’orange occi
dentale hé muñecas quitapenas
mangez pain-peine le corps
chatoie en ondes étrécissantes tribu
pelotonnée vendent ces électrons no
mads filecotonne où
dort chut et filament incandescent
renouvelle sa pssyché bras d’alu
miettes non-brisés croque-tracas
deux étoiles à balanciers humaines
vont sur labours courser chien lunaire
mosaïque de gestes
œil et ouïe cillent dans abri
ajusté où deux longs bras lacent
cheville musclée d’une pureté-
traum dream trauma paisée
ou fondue quel ascendant sou
venir dogue dans vivant sur
terre ou en ciel-tulle trans
formée dans l’infi-variété des
colorsensibles pour mosaïque de gestes
sur archive pourpre ou dorée par
craie sur neige quand les étoiles
en confiance construite alignent leurs
imaginaires dans une stèle antiguerre
recomposée leurs tenses teintes au tra
vers d’un charbonnage rougesang que
chacun/e peut nuancer de bleu
et verre aluminium moléculé glacisant
vapeurs légères dans espace de respir
ation la conversion de photons en élec
trons et retour en lenteur atten
tive aux jours qui se dénuagent
multipose delà équerre nue une
claire image de pensée millilignée
d’embruns aérographiant cette
minute bougie d’ouvre-main
Jean-René Lassalle donne tous les mois un dossier de traduction complet à Poesibao.
Il a écrit personnellement plusieurs livres.