Michael Bishop, « Daniel Kay, l’en deçà du signe, remarques sur l’inachevé et le peu » [Notes et dossiers critiques]


Michael Bishop se penche sur deux livres de Daniel Kay, pour explorer les notions de fragment, de peu et d’inachevé.


 

I

Toute œuvre se constituant dans l’apparente complétude de ses parties faites de mille et un fragments, tout fragment offrant le petit summum précaire de sa relativité, de son état provisoire, de son à peine concevable appartenance à ‘une source lointaine, à la fois claire et obscure’, lit-on dans Le perroquet de Blaise Pascal (PBP48) de Daniel Kay (1) Chaque fragment vivant, c’est ainsi que j’aime le voir, ce qu’il appelle dans un autre beau livre éponyme une ces petites ‘vies héroïques’ (2); une trace allant-dans-le-sens-d ’un-sens, une sorte de ‘petit pan de mur jaune’, pourrait-on penser, étrangement là, surgi d’où et pourquoi on ne sait pas, attaché-détaché, ‘calme bloc d’un désastre obscur’ cite Kay (PBP48), tout dire, tout dict ce que Deguy nommerait une trans-formation, un inachèvement infini dépliant ses autres d’une espèce de mêmeté (3). Ajoutons ici que le titre de ce livre s’inspirant en partie de Pascal, livre en trois parties de ‘variations sur l’inachevé’, trahit le refus de son auteur de toute plongée dans le sérieux du théorique, le perroquet disparaissant dans les brumes de l’imaginaire et les fragments optant pour une plus ancienne théorie, celle de la procession de ceux-ci et ainsi présentant non pas un objet fini mais ce qu’on pourrait voir comme un objet et même un joie, pongiens certes, mais caressés de loin et affectueusement, sachant sans doute que le sourire de ce que Jean-Luc Nancy nommait ‘la langue apocryphe’ flotte un peu partout (4) Les deux livres ou livres-poèmes comme je les entends, dont il s’agira surtout ici, mais aussi Vies héroïques, sont tous composés de fragments, minuscules ou un tout petit peu plus amples, livres tous de possibles, d’instabilisables, d’ouvertures sur un quoi jamais structuré, orchestré selon quelque partition identifiable. Ce qui est écrit s’inachève, dirait Kay (5), fuit toute clôture, correspond à la conception d’un ‘parfait’ imaginable mais inatteignable qu’évoque Christian Bobin, cité dans l’épigraphe liminaire.

 

II

Autrement dit, si l’être s’avère infini, non-fini, mouvance, loin de nos mathématiques les plus développées, le faire de l’art, de l’écriture doit à son tour accepter son impuissance à fixer, articuler selon les modes du définitif, accueillir plutôt sa propre mouvance, sa fluvialité, l’heureuse et libératrice fatalité de tout inaccès à une fin, un sommet. Sa gloire, si elle existe, réside ailleurs ; certes, dans le désir qui, synonyme de manque, ne se résigne pas à celui-ci, se vautrant dans le glissant, fluctuant magma de l’expérience incarnée, brute, im/puissamment subjective. Et, en conséquence, ‘inachever’, c’est vivre le temps et l’espace autrement, par le biais d’une présence à ce qui est où nos valeurs mutent et, à travers cette mutation, relancent indéfiniment le défi de notre faire, de notre poïein au sein même de notre étance. Ainsi, la raison suffisante de notre faire avouerait une coïncidence fondamentale avec ce que Kay semble pressentir comme une présence suffisante. Écouter ‘simplement le murmure incessant de la marée’, suggère-t-il (PBP23). Éprouver le ‘cœur’, la ‘charité’, pascalienne, primant sur l’esprit, sur l’intellectuel (PPP68). Savourer l’innommable papillonnement de ce qui est, ces ‘mouettes votives, [ivres], s’engouffr[ant] sans vergogne sous la sempiternelle vareuse des morts’ (PBP61) ; ‘les focs picor[ant] par fragments sur une mer d’huile’ (PBP109); ‘exécuter une peinture en utilisant la magie du sfumato, placer les plus beaux glacis, choisir les couleurs les plus brillantes. Soigner particulièrement la perspective du De pictura d’Alberti et quand il semble que le travail est sur le point d’être achevé, alors, à ce moment, en tirer un carton’ (PBP88) – en déclarer, c’est-à-dire, le caractère inachevé, presque désinvolte, joyeusement presque jetable. L’inachevé, un paradoxal in/accomplissement ‘picor[ant]’ dans un quasi ‘absolu’ = comme le supposé perroquet de Pascal, dit Daniel Kay (PBP24), souriant, libre de jouer = face à l’inépuisable ‘parfum de mystère’ qui flotte autour de tout l’être (PBP53) ?

 

III

Fragment, note, carnet, cahier, esquisse, ébauche, croquis, sites de liberté, d’aisance, de spontanéité, de surprise au cœur de l’immense, du surgissant, de l’éblouissant. Sites, mais sans devenir chantiers, lieux de ce bâtir contre lequel avertit Bonnefoy dans Dans le leurre du seuil, rêve ‘mais sans bonheur’, ajoute-t-il, ‘sans avoir su atteindre à la terre brève’(6) Sites où ‘creuser’, plutôt, nous conseillerait le poème du perroquet, ‘dans l’Ouvert’ (PBP24), le partiel, le peu, le tâtonnant, le non-prétentieux d’un dict frôlant le primal, la caresse du librement non-intentionné, l’inscription de ‘petits pans’ de ce Cela des Upanishads qui échappe à toute prise ou emprise sans pour cela inexister. Les trois livres-poèmes de Daniel Kay présentent tous des fragments d’un non-concluant, mais ce sont des esquisses, des notes, qui câlinent, dorlotent, jouent et sourient ; de petites fenêtres sur le multiple, le bariolé de l’existence donnée, observée, écrite, peinte, imaginée. Sans aspiration à une cohérence logique, sans arguer au-delà de la délicatesse de leur geste, du génie de leur évanescente touche, de la satisfaction de cette intime approche fuyante. L’inépuisable s’avère le nom de ce ‘même’ et pourtant infiniment mouvant fleuve où la main du poète ‘se baigne’ (PBP36). L’esquisse ou le fragment, peut aussi se comprendre, simultanément, comme un inachevé et l’objet de ce qui est désiré, ‘une attention plus subtile à la Réalité’, note Kay, citant ‘un admirateur de Leonardo et Michelangelo’ : une ‘ressemblance’ et un en-deçà du signe de celle-ci (PBP40). Comme si tout dire, tout peindre serait peut-être enfreindre, mal représenter le visage du Réel, manquer la cible de son invisibilité, sa vérité. Le perroquet de Blaise Pascal comme ainsi le carnet d’une discontinuité pour ne pas tenter, éviter même, de montrer un visage impossible à peindre ? Et pourtant, et en toute modestie, une discontinuité qui tient à frôler un ‘degré de perfection [permettant de] parler de ce parachèvement de l’inachevé’ que Kay voit dans les esquisses de Leonardo ou Michelangelo (PBP54-5). Delacroix affirmant lui aussi à quel point l’ébauche atteint à quelque chose d’essentiel, de ‘nécessaire’ dans le faire, le poïein de l’artiste, le poète qu’est Kay reproduisant comme preuve la si délicatement précaire mais sûre Étude pour la lutte de Jacob et de l’Ange (PBP64-5).

 

IV

Poussons un peu plus loin la question du pourquoi du fragment, de l’esquisse, de l’inachevé. Si on peut se demander s’il faut justifier, attribuer une intention à de tels choix, il faut avouer que derrière tout choix il doit y avoir une motivation. Celle, souvent, d’une impulsion inconsciente accompagnée d’une préférence instinctive pour ‘le génie de la brièveté’ (PBP45), l’idée, l’espoir d’un compactage efficace ou d’une exploration simplement initiale, d’un essentiel soupçonné, senti et visé. Sans vouloir tomber dans l’explicatif, l’analytique, le rationalisé. Ou le fragment ou l’ébauche peut provenir d’une simple fascination momentanée ou même de cette passion ‘se nourri[ssant] de l’inachevé’ (PBP37), loin de toute indifférence et à laquelle pour l’instant, la note ou l’esquisse offre une satisfaction suffisante, le résidu d’un immédiat qui traverse l’esprit ou le cœur, ou les deux, inséparablement. Inutile de parler de paresse chez Kay, car, me semble-t-il, c’est un enthousiasmos qui l’emporte, et visiblement, un goût de spontanéité, de fraîcheur, de surprise, et ceci puisant dans de multiples sources et méditant au fil des mois, savourant le patchwork qui en émerge avec son errance, ses digressions, ses parenthèses, ses infinis entretissements. Ce qui permet cette légèreté, ce manque d’orgueil qui caractérisent ici l’inachevé, cette caresse d’amitié, d’amour qui ne veut pas connaître de fin, se réjouissant plutôt de la ‘réinvent[ion] consta[nte du] souffle du paysage’ vu, médité, traversé (PBP41). Le traversé, le frôlé, jamais une possession, d’ailleurs, mais un de ces ‘acte de présence’ d’un Alexandre Hollan (PBP38), par exemple, jamais un avoir, toujours une expérience d’être, un sentiment d’onticité presque crue, effleurant le poétique ‘sans le poème’ (PBP42). Le fragment ou les coups de pinceau de l’esquisse, une espèce de ‘station’ (PBP53), une ‘étape dans la clairière’ aimait écrire André Frénaud (7), sans viser quelque arrivée, arrêt totalisant, quelque finition. Le pourquoi de l’inachevé, ainsi, s’installe dans l’acte et le lieu de cette ‘improvisation’ dont dépendrait, selon Delacroix (PBP105), tout grand art, cet in-provisus, imprévisible-inattendu-non-planifié. Et écrire ou dessiner dans la gestuelle de cet espace-temps, c’est, d’ailleurs, rappelle Daniel Kay, souriant et ironique, vivre le paradoxe de ‘l’œuvre inachevée’ que serait, par exemple, son Perroquet de Blaise Pascal (PBP, 111 et 117).

 

V

Deux ou trois remarques supplémentaires ici sur la notion de fin avant de parler des Petits pans de Proust. Une eschatologie de l’inachevé ? : une ‘hérésie’, déclare Daniel Kay (PBP46), souriant toujours et sachant bien que les trois livres que j’évoque ici s’écrivent dans la mouvance d’un désir qui les propulse en avant, nomadiquement certes, mais selon la logique d’un nœud de fascinations et excitations-exaltations visibles partout dans son activité auctoriale. L’écrit vise tout en s’inventant, s’improvisant. Chaque trois-points on peut le prendre pour un interstice où reprendre son souffle, l’accorder à celui de l’envergure de sa pensée surgissante. Le point, quelque chose de pareil. Mais le point final comme ‘guillotine’ ? Et l’aphorisme même comme ‘couperet’ (PBP28) ? Certes, l’élan est sectionné dans un mouvement plus violent que celui du passage d’un fragment à l’autre. Pourtant Kay sait très bien (8) que l’œuvre achevée inexiste. Elle aussi est passage ou même site de multiples fils lâches, d’infinis, d’inachevés et inachevables. Sa fin ne serait qu’illusoire, comme celle qui semblerait ‘achever’ le fragment. Reprendre, réécrire, repeindre, effacer et redessiner, caresser autrement, corriger, nuancer : actes qui restent d’ailleurs toujours imaginables, même si Kay a raison de dire, et si joliment, que ‘point n’est besoin de ravaudage dans le textus fragmentaire’ (PBP53). Inachever l’inachevé pour mieux en apprécier la pertinence, l’articulant, la ‘complétant’, ‘mieux’, n’est certes pas, paraît-il, dans l’ADN de Daniel Kay, mais des livres comme Et et Etc. de Bernard Chambaz (9) nous rappellent, malgré leur identité-cohérence manifestement poético-narrative, que, comme chaque phrase suivie de la prochaine, chaque fragment qui suit un autre opère un assemblage, une continuité tout en respectant la spécificité de tous les autres éléments du livre : l’inachevé se multipliant avance fatalement dans le sens – non déclaré, c’est vrai – d’un achèvement. Celui-ci peut s’effilocher, afficher de manière flagrante le libre et libérateur sautillement et cette espèce de fausse discontinuité de ses composantes, ses flashes, ses ébauches et rapides aperçus, mais reste l’impulsion de leur avec, leur conjointure, si je peux dire, une sorte de complémentarité ou mutuelle complétion.

 

VI

Le pan qui hante Petits pans de Proust, ce peu, ce ‘presque rien’ du mur jaune dans Vue de Delft de Vermeer tel que Marcel et Bergotte le voient, s’insère, me semble-t-il, et intimement, dans la poétique instinctivement conçue et élaborée par les fragments du livre-poème de Daniel Kay sur et ‘autour’ de l’inachevé. Petits pans, ces micro-scènes fantaisistes, inventives, ces petits riens du tout qui ne vont nulle part et qui ouvrent ce livre qui précède les ‘variations’ autour de Pascal et son perroquet phantasmatique. Petits pans, ces fragments aussi qui s’accumulent après dans Façades et pignons et tout ce qui suit, sautillements, gambades, pirouettes, leurs étincelants et clignotants mouvements offrant un bel et dansant inachèvement, où persistent légèreté et refus de toute finalité, analytique ou théorique. L’inachevé réside d’ailleurs, et si pleinement, au cœur du petit pan de mur jaune, ce peu de peinture, ce silence, cet inattendu, cette surprise, ce pan de couleur en-deçà de tout sens de son signe, son signalement, sa signature. Le jaune, une energeia, un blason sans château ni châtelaine ou seigneur. Qui pointe, penserait implicitement le Bergotte de Marcel et de Proust, vers un autre inachèvement, celui de la gloire que l’immense œuvre accomplie par le romancier pourrait constituer face à la simplicité, face au mystère de ce jaune sans prétention et pourtant au sein même d’une étance, d’une présence au monde. Ce peu de chose signalant, mais intrinsèquement, inhéremment, une immensité si vastement au-delà de ce que pourrait déployer un roman ou un poème. Ce pan de mur, ce jaune, un inachevé-inachevable, un petit peu-pan loin de toute conceptualisation de l’immense que, pourtant, il arbore. Un minimum, presqu’un inexistant – et certes et toujours un si souvent oublié – qui est site et acte d’une implicite maximalité, quelque beauté, divinité même, indicible, mais simplement là.

Comme est là une fleur, un caillou, l’amitié de Johannes et Andrea ; comme, dans Le perroquet de Blaise Pascal, ces ‘quelques microgouttes sur le cahier resté ouvert’ (PBP, 93) ou un ‘sourire esquissé’ (PBP, 91) ou un geste qui ‘œuvre dans le minuscule [n’ayant] rien à voir avec le minimalisme’ ‘(PBP81), enfin n’importe quoi car « le monde est tout ce qui arrive », dit Wittgenstein. L’attaque [aussi, par conséquent] d’un bien beau poème’ (PBP106). Mais un n’importe quoi qui, ne faudrait-il pas souligner, élèverait, réjouirait, ajouterait valeur, beauté, sentiment de cette ‘quintessence’ (PPP60), cette grâce au fond de l’être ? Le peu, le pan, le fragment, l’inachevé s’avéreraient ainsi ce ‘précieux’, cet acte et lieu d’une préciosité qui est tout le contraire d’une ‘afféterie, [d’une] contorsion stylistique’ (PPP90). Le petit du petit pan n’a ‘rien d’oraculaire, d’hermétique, [étant]plus simple et plus vrai que la vie même’, affirme Daniel Kay (PPP78) – exagération de l’enthousiasme sans doute, car les secrets inhérents de la vie, dirais-je, excèdent partout et de loin tout signe de l’humain, même si celui-ci vise haut et bien. Si le fragment s’offre replié sur son peu de prétention, son humilité, la joie de son inachevé, de son passage éphémère, évitant toute monumentalité, toute hautaine affirmation, il mime en cela le peu de ‘vérité sur rien’ qu’affiche si discrètement le petit pan de mur jaune du tableau de Vermeer (PPP51). Ce peu, lui aussi inachevable car s’offrant dans l’inexplicable de son être-là, de la pure suffisance de sa partialité, sa fragmentarité, son peu de sens autre que celui de son étance. Quasi-‘immatérialité’, ‘spiritualité’ même (PPP59) et pourtant présence clignotante dans les deux cas. Fragment, inachevé, petit pan et pan de mur jaune, tous de petites beautés, défiant temps et connectivité spatiale (PPP72) et pourtant pris dans une continuité dont on ne dira, résumera, jamais le sens, ce plein douteux, hypothétique. Tous en deçà de tout désir divinatoire même.

 

VII

Tout tourne dans ces deux livres – et l’énergie qui propulse Vies héroïques déplie les mêmes valeurs, me semble-t-il – autour du rapport entre l’inachevé, le peu de peinture, le fragment d’écriture, et les hautes pertinences existentielles, ontologiques, de notre présence au monde. Rien de plus important que cette reconnaissance du peu de peinture ou d’encre qui sait frôler la grandeur et la beauté de l‘indicible des choses qui sont. Fondamental qu’une poésie, qu’un art puisse comprendre l’écart entre immensité ontique et gestes de l’artiste. Essentiel qu’ils sachent percevoir le piège de l’hubris et vivre, savourer la modeste puissance du fragment, d’un inachevé qui ne cesse de murmurer, tout en faisant briller les splendeurs de ce qui est, l’impossible clôture que l’art doit avouer, accueillir. Ces livres de Daniel Kay énergisent un inachevé s’avérant le petit nom paradoxalement symbolique de l’inaccessible tout, cet indéfinissable objet implacablement poursuivi de tout grand art. Le fragment tout comme le petit pan de mur jaune se mettant ainsi en scène en tant que gestes de haute fidélité au mystère des dons cosmiques qui pleuvent, mains, cœur, esprit, ‘tendresse’ (PPP91), gestes d’un ‘érotisme sans la chair’ (PPP76), d’une agapè, dirais-je même, où casser la croûte, partager le pain ontico-poétique. Petits moments d’une bénédiction solennelle et joyeuse.

Michaël Bishop

NOTES

  1. Éditions des Instants, 2024.
  2. Vies héroïques, Éditions des Instants, 2024.
  3. Michel Deguy, Avec/With, VVV Éditions, 2024.
  4. Langue apocryphe, VVV Éditions, 2014.
  5. Inachever est compris comme un verbe transitif par Kay.
  6. Mercure de France, 1975, p.116.
  7. Étape dans la clairière, Gallimard, 1964.
  8. ‘Même derrière le fragment-totalité, lit-on dans Le perroquet de Blaise Pascal, […] se cache, fragile et friable, le fragment-esquisse’ (PBP48).
  9. Et, Flammarion, 2016 ; Etc., Flammarion, 2020.