Paloma Hermina Hidalgo, “Lace, vanille, lace”, revue “Sur Zone” n° 56


Poesibao publie dans sa revue littéraire interne au site, “Sur Zone”,  un texte de Paloma Hermina Hidalgo, “Lace, vanille, lace”


Paloma Hermina Hidalgo a été révélée au lecteur par deux livres dont le baroque foisonnant et sensuel, érotique, épiphanique, savant et audacieux a fait merveille. Cristina (aux éditions Le Réalgar) et Rien, le ciel peut-être (aux éditions Sans Escale) en sont les titres, et un roman, dans la même veine d’écriture est à paraître en février prochain, Matériau Maman (aux éditions Corlevour).
Jean-Pascal Dubost


Au départ, cette féerie noire : une ingénue libertine aux pieds d’un ogre podophile, assoupi dans son verger. Je voudrais, par ce conte poétique, tenter de créer des objets, des univers paradoxaux défiant toute tentative de normalisation ou de récupération signifiante, autrement dit : des proses crues, vivantes, jouant à la fois sur la profusion littéraire et sur l’oralité. L’obscénité en tant que telle m’indiffère ; le sexe qui m’intéresse avant tout n’est pas celui du pornographe ; c’est celui du réel non enfoui sous une chape de sens, et tel qu’il surgit du frottement poétique des mots, alliant l’argot aux archaïsmes baroques. Je ne suis guère pornographe, et mobilise le sexe comme « auxiliaire de l’art » ; mon anatomie du désir s’énonce sur le mode poétique, selon le mode de l’épiphanie joycienne, sous forme de surgissement, d’apparitions intempestives ; une matière brute, crue, que n’a pas toujours investie la conscience réfléchissante et discourante – le sens reste dans ce cas en souffrance. À cet égard, la langue qui s’impose à moi, par son opulence, son déploiement baroque, est une langue de l’inconscient, obéissant à sa logique propre, et tentant constamment de s’inventer. Ce désir dont l’héroïne fait ici l’anatomie n’est pas un simple besoin : c’est un absolu qui passe par le défilé des névroses, des salacités et des perversions, et s’accompagne de cruauté sadomasochiste.
En résulte un rapport flottant au réel, contaminé sans cesse par les fantasmes : partout, des apparitions fantasmagoriques surgissant avec naturel, nourrissant le réalisme onirique de l’écriture.
Paloma Hermina Hidalgo 

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