Martine-Gabrielle Konorski, “Anthologie”, lu par Bernard Grasset


Bernard Grasset ouvre pour le lecteur de Poesibao cette anthologie de Martine-Gabrielle Konorski présentée par Danny Marc et Jean-Luc Maxence.



Martine-Gabrielle Konorski, Anthologie, Le Nouvel Athanor, 2023, 130 p., 16€


C’est dans la collection « Poètes Trop Effacés » qu’est publiée cette Anthologie, retraçant plus de trente ans d’écriture de l’auteure. Ce livre s’ouvre par un portrait de Martine-Gabrielle Konorski signé de Danny-Marc et Jean-Luc Maxence. Les éditeurs soulignent « le questionnement existentiel » qui traverse sa poésie : habitée de « la nostalgie d’un paradis perdu », elle met en correspondance visible et invisible et aime ouvrir une fenêtre sur l’éternité. On trouve ensuite une bibliographie, centrée sur la poésie et ses alliances avec la peinture, la musique, le théâtre.
Après ces pages de présentation, le livre se divise en deux parties : la principale est constituée par une anthologie de poèmes ; la seconde propose la découverte d’inédits. Sur le plan de la forme, les poèmes sont souvent composés de vers brefs. Sur le plan du fond, c’est une poésie de l’amour, de la quête, de l’absence. L’auteure semble fascinée par les lointains. Espace et temps, qui peuvent être profanes ou sacrés, accueillent les pas en recherche d’infini.
« Leurs regards au vent, en silence, se parlent. » (p. 113) Qui est l’Homme ? Être du vent, de parole et de silence, il reste celui en qui tressaille l’immense. La poésie de Martine-Gabrielle Konorski est une poésie du mouvement, une poésie nomade, une poésie d’exil. Une poésie qui nous invite à marcher dans le désert, à y guetter, comme une profonde espérance, les traces de notre vrai pays. Dans la nuit luit une lampe qui nous indique où revenir ; dans le bruit et la fureur du monde peuvent s’élever les « notes de la joie ». Les « lettres de feu » nous ramènent à « la source / qui demeure » (p. 62, 71).
La poésie de Martine-Gabrielle Konorski se tient sur le seuil où nous questionne l’insaisissable. Elle nous invite ainsi à « Cheminer vers l’énigme » comme elle l’écrit dans Bethani (p. 72), l’ensemble sans doute le plus emblématique de ce livre et à accueillir le « Tremblement du mystère » selon la belle expression de l’inédit À contre-jour (p. 129). Il nous faut nous dépouiller de tous les langages techniques, des vains bavardages. Et la voix de la poète de nous rappeler l’unique beauté de « la langue du silence » (p. 71).

Bernard Grasset