Deux disparitions, Jean-Loup Trassard et Valère Novarina (III, 8, disparition)


Poesibao a à déplorer la mort de deux écrivains importants, disparus tous deux cette semaine, Valère Novarin et Jean-Loup Trassard


Encre de Renaud Allirand

 

Jean-Loup Trassard, écrivain et photographe mayennais, est mort le 13 janvier 2026 à Saint-Hilaire-du-Maine, à l’âge de 92 ans. Né le 11 août 1933 à Saint-Hilaire-du-Maine (Mayenne), il y a vécu et y est mort, dans la maison familiale, après s’être retiré depuis plusieurs années dans le bocage où il avait toujours travaillé et écrit.
Formé au droit, un temps proche de la préhistoire (cours d’André Leroi-Gourhan), il reprend l’entreprise familiale de concessionnaire de foires et marchés, activité qu’il mènera pendant plus de quarante ans en parallèle de l’écriture.
Il entre en littérature au début des années 1960, soutenu notamment par Jean Paulhan à la NRF, et publie ensuite une quarantaine de livres, principalement chez Gallimard et au Temps qu’il fait.
Photographe autant qu’écrivain, il privilégie le noir et blanc pour saisir fermes, haies, chemins, intérieurs agricoles, mais pratique aussi la couleur dans certains ensembles consacrés aux lieux de son enfance.


Valère Novarina, auteur dramatique, metteur en scène, essayiste et peintre franco-suisse, est l’une des grandes figures du théâtre de langue française de la fin du XXe et du début du XXIe siècle. Il est mort le 16 janvier 2026 à l’hôpital américain de Neuilly-sur-Seine, à 83 ans.
Né le 4 mai 1942 à Chêne-Bougeries, près de Genève, de la comédienne Manon Trolliet et de l’architecte Maurice Novarina, il passe son enfance à Thonon, sur la rive française du Léman.
Il étudie la philosophie et la philologie à la Sorbonne, s’intéresse très tôt au théâtre et commence aussi une pratique picturale qu’il mènera parallèlement à l’écriture.Son théâtre est une exploration radicale de la langue : prolifération verbale, listes, inventions de noms, déconstruction de la syntaxe, travail sur le souffle et la voix, faisant du langage une matière scénique plus qu’un simple véhicule de sens.Pour lui, le théâtre est le lieu où l’on « reprend conscience » du langage comme fluide vivant, et non comme simple outil de communication, ce que manifestent des œuvres comme Le Vivier des noms, peuplé d’environ 1100 personnages évoqués par leurs seuls noms.