Poesibao a appris la disparition de ces deux figures de la poésie : la poète libanaise et de l’écrivain néerlandais
Vénus Khoury-Ghata (née en 1937 à Baabda, au Liban) est une poétesse et romancière libanaise installée en France depuis 1972. Son œuvre est un vrai pont entre l’Orient et l’Occident. Elle écrivait en français, mais on dit souvent que sa langue « pense » en arabe : ses textes sont pétris d’images surréalistes, de contes, et d’une force tellurique où la terre, les morts et la mémoire se mélangent. Elle a reçu le Prix Goncourt de la poésie (2011) et le Grand Prix de poésie de l’Académie française (2009). Ses grands thèmes sont l’exil, la condition des femmes dans le monde arabe, le deuil et les paysages de son enfance. Elle s’est éteinte le 28 janvier 2026 à Paris, à l’âge de 88 ans.
Quelques-uns de ses titres de poésie :
Anthologie personnelle (Éditions Actes Sud) : Elle y a rassemblé les textes qu’elle jugeait les plus essentiels de son parcours, permettant de saisir l’évolution de son style, entre conte et tragédie.
Les Ombres et leurs cris (Éditions Belfond) : Un recueil poignant où elle explore le deuil et la persistance de ceux qui sont partis. Sa langue y est organique : la terre, les pierres et les racines y prennent la parole.
Quelle est la nuit la plus noire ? (Éditions Mercure de France) : Un livre écrit sous forme de questions et de réponses, qui interroge l’absence, la guerre et la mémoire des lieux.
Le Livre des morts : Un texte où elle dialogue avec l’au-delà. Chez elle, la mort n’est pas une fin, mais une présence qui habite les maisons et les arbres.
Où vont les arbres ? (Éditions Mercure de France) : Un recueil plus récent où elle mêle son destin personnel à celui de la nature. C’est une œuvre de sagesse et d’images frappantes sur l’exil et le déracinement.
Cees Nooteboom.
Le grand écrivain néerlandais Cees Nooteboom s’est éteint ce 11 février 2026, à l’âge de 92 ans. Né le 31 juillet 1933 (La Haye, Pays-Bas), il était l’un des auteurs européens les plus importants de notre époque, souvent pressenti pour le prix Nobel. Poète, romancier et essayiste, il était surtout connu pour son immense curiosité et ses récits de voyage qui étaient autant de méditations philosophiques.
Il partageait sa vie entre Amsterdam, Berlin et son île de Minorque, où il s’est éteint paisiblement.
Deux titres de poésie :
L’œil du moine (Monniksoog) : Un recueil écrit sur l’île de Schiermonnikoog. C’est une méditation sur l’isolement, le paysage marin et la place de l’homme face à l’immensité. (Actes Sud, 2021)
Le visage de l’œil : Une œuvre où il interroge la perception. Ses poèmes y sont concis, presque comme des haïkus philosophiques, cherchant à saisir l’essence des choses derrière les apparences. (Actes Sud, 2016)
Loin des grands éclats lyriques, sa poésie se définit par une précision presque scientifique mise au service d’une quête métaphysique.