Poesibao héberge depuis de nombreux numéros la revue Nu(e). En voici le n° 91 qui revient sur une belle aventure.

Le numéro 91 de la revue NU(e), est consacré à Josette Ségura, Éric Dazzan et aux éditions de L’Arrière-Pays. Ce volume a été coordonné par Éric Dazzan. Il est divisé en cinq parties, précédé d’un entretien et d’extraits de poèmes. Cet ouvrage contient des aquarelles de Catherine Sourdillon et des gouaches de Stéphane Peltier. Il se termine par une bibliographie de Josette Ségura et d’Éric Dazzan ainsi que du catalogue de l’Arrière-Pays.
Ouvrir le fichier du numéro d’un simple clic sur ce lien. (Accès gratuit)
Sommaire du numéro
Sommaire
NU(e)
Numéro 91
Numéro coordonné par Éric Dazzan
Éric Dazzan, Présentation
Gilles Baudry, Entretien avec Josette Ségura
Josette Ségura, Les Ruisseaux
Lectures 1
Gaston Puel, Lettre du 7 décembre 2010
Gérard Bocholier, Les chemins de Josette Ségura
Bertrand Degott, Jour après jour des visages dans la lumière : la poésie de Josette Ségura
Max de Carvalho, Le jour des petites choses
Poèmes 1
Gilles Baudry, Gérard Bocholier, Max de Carvalho, Jean-Marc Sourdillon, Bertrand Degott, Casimir Prat.
L’Arrière-Pays
Jean Marc Sourdillon, L’Arrière-Pays, une cabane d’édition
Lettres à L’Arrière-Pays
Thierry Metz, Yves Bonnefoy, Bernard Manciet, Gaston Puel, Pierre Dhainaut, Gaston Puel, Gilles Baudry, Pierre Gabriel.
Poèmes 2
Gilles Lades, Judith Chavanne, Béatrice Bonhomme, Michaël Bishop, Pierre Dhainaut, Fabio Pusterla.
Lectures 2159
Casimir Prat, À propos d’Un galet dans la bouche d’Éric Dazzan
Éric Dazzan, L’image d’un silence
Éric Dazzan, Les engloutis
Bio-bibliographie
Josette Ségura, Éric Dazzan.
Catalogue de L’Arrière-Pays
Texte d’introduction d’Eric Dazzan
Josette Ségura et moi-même avons créé L’Arrière-Pays éditions au tout début des années quatre-vingt-dix. Nous commencions à peine notre chemin d’écriture. Comme l’écrit Josette dans son entretien avec Gilles Baudry, créer une édition, c’est tout à la fois favoriser les rencontres, les appeler – et les vingt-cinq ans d’édition qui ont suivi ont été de ce point de vue très riches – mais aussi s’engager, refuser et accepter, préciser une ligne éditoriale, compte tenu des hésitations, des incertitudes et même des incohérences non aperçues sur le moment. C’est donc expliciter, pour soimême d’abord, une certaine conception de la poésie ou du moins un ensemble d’attentes à l’égard du texte poétique. Le nom de l’édition, emprunté à Bonnefoy, indiquait déjà une direction. La citation qui a accompagné longtemps notre catalogue1 évoquait, quant à elle, tout à la fois un enracinement dans la finitude et son ouverture sur un horizon de transcendance, ce côté des choses invisibles dont parle Malrieu dont nous venions de découvrir l’ampleur de l’œuvre poétique grâce au travail de Pierre Dhainaut. C’est ce dernier qui nous a permis de rencontrer Lilette et Pierre Malrieu qui nous ont confié les Lettres à Jean Ballard qui avaient paru dans les Cahiers du Sud. Ce fut le premier volume de notre catalogue. Il était accompagné d’un bref texte d’Henri Dufor, montalbanais lui aussi, qui venait de mourir brutalement, Sous la dictée de l’ange. Ce fut le début d’une longue amitié avec Lilette et Pierre, ponctuée de soirées à Bruniquel d’abord puis, après le décès de Lilette, à Penne-de-Tarn où Pierre a vécu jusqu’à son décès, cet hiver. Faire des livres – devenir un livreur pour reprendre le mot de Gaston Puel – est un travail concret. Edmond Thomas qui a été notre imprimeur pendant toutes ces années nous l’a appris. C’est aussi, plus essentiellement peut-être, une manière de vivre qui a pour exigence et pour horizon l’attention à l’autre et la création d’un espace (et plus souterrainement d’un espoir poétique) commun – communauté des auteurs avec lesquels nous avons tissé des liens, communauté des lecteurs qui nous ont suivis fidèlement. Le présent volume de NU(e) en rassemble quelques témoins et donne à en lire quelques traces épistolaires. De part et d’autre de ces pages, le lecteur trouvera deux dossiers consacrés à Josette Ségura d’abord puis, en fin de volume, à moi-même. Comme on le constatera aisément nos écritures ont évolué différemment mais elles ont le même moteur, une même foi et une même espérance en la parole de poésie et en sa puissance de révélation d’un monde enfin possible.
Eric Dazzan