Reprise d’une ancienne collection (III, 5, Notes de lecture)


Reprise d’une ancienne collection devenue toute acidulée de petits formats chez Seghers, textes moins connus, découvertes assurées, pour les vacances

 


Voilà une bien belle idée : reprendre une collection existant autrefois chez Seghers, la collection P.S. comme Pierre Seghers – ou comme après un courrier « PS, je te joins un petit trésor », ou encore « Pstt tu as vu ça ? » ! Sur huit titres à l’année, aux couvertures joliment acidulées et à la typographie joyeuse, quatre paraissent ces jours-ci, à prix impeccable (5 €) : Apollinaire, Aragon, Eluard, Hugo, et le thème de ces quatre titres est l’amour.

Les titres sont les suivants :

La Chanson du Mal-aimé suivie de Vitam Impedere Amori (Consacrer sa vie à l’amour), qui sont sept poèmes moins connus d’Apollinaire, et font penser à Verlaine par la musicalité mélancolique des vers, est quant à elle une ode très connue célébrant l’amour du poète pour l’anglaise Annie Playden, ode lyrique et fluide, sensuelle et puissante.

Du peu de mots d’aimer suivi de La Messe d’Elsa pour Aragon rappelle de suite l’amour fou du poète pour Elsa Triolet tel que nous le connaissons, très lyrique, incroyablement rythmé, toujours dans la douleur d’aimer parfois plus forte que la joie.

L’Âme en fleur pour Hugo, a été écrit à Guernesey en pensant à Juliette Drouet son plus grand amour. Grands poèmes au plus fort du romantisme, ils célèbrent l’amour charnel de l’exilé.

Une longue réflexion amoureuse, de Paul Eluard contient des poèmes d’amour pour Nusch, sa compagne (morte à 40 ans), alors qu’il était résistant et caché. On y retrouve l’écriture d’Eluard, plus « légère » que celle d’Aragon mais toute aussi aimante.

Quatre visions et surtout quatre écritures si différentes et immédiatement reconnaissables, à offrir, à prendre avec soi pour les petits trajets, à poser comme de petits soleils sur une bibliothèque !


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Et voilà qu’arrivent les quatre nouveaux titres, toujours à 5 € dans cette nouvelle collection PS, rouges comme l’amour ou la révolte :

Emily Brontë,  Les Orages du terroir, poèmes traduits part Mireille Best, Emily et son cœur de feu sous son tablier sage, Grisélidis Réal, Poèmes de prison, Grisélidis poète et prostituée, indomptable et libre, Arthur Rimbaud, Une saison en enfer, Arthur qu’on ne présente plus mais qui reste le soleil infernal de la poésie, ett Paul Verlaine, Romances sans paroles, merveilleux poèmes comme des fruits prêts à être ramassés pour la fin de l’été.

On cueille !

Emily Brontë, Les Orages du terroir, Seghers bilingue, coll. PS, trad. Mireille Best, 2025,  37 p., 5 €
Grisélidis Réal, Poèmes de prison, Seghers bilingue, coll. PS, trad. Claude Aubert, revue et corrigée par Willy Bordeaux et Vanessa Larré, 2025, 52 p., 5 €
Arthur Rimbaud, Une saison en enfer, Seghers, coll. PS, 2025, 36 p., 5 €
Paul Verlaine, Romances sans paroles, Seghers, coll. PS, 2025, 38 p., 5 €

Isabelle Baladine Howald