Eric Chevillard et les chiens écrasés


Une brève de lecture pour rendre compte de ce petit livre tellement drôle et très bien pensé, un vrai régal.



Une petite merveille que ce tout petit livre publié par les éditions Mexico sous la houlette de Laetitia Bianchi.

Des textes désopilants d’Éric Chevillard, sur des “chiens écrasés”, mais la célèbre formule désignant dans les “canards” les faits divers, est ici prise au pied (de la lettre). Le tout en s’inspirant de Felix Fénéon et de ses mille deux cent dix Nouvelles en trois lignes.

Les pochades de Chevillard sont complétées par deux textes, un de Laetitia Bianchi sur Fénéon, et l’autre sous forme d’ introduction à la zoolâtrie. Remarquables aussi les gravures choisies (parfois recadrées pour souligner le propos) de J.J Grandville,  tirées des Scènes de la vie privée et publique des animaux (1842). Et les discrets mais très réussies calligrammes de Laetitia Bianchi.

Il y a là un objet littéraire très particulier, très intéressant, très drôle.

Eric Chevillard, Chiens écrasés, illustré de dix gravures de J.J. Grandville, agrémenté d’une introduction à la zoolâtrie et de considérations sur Félix Fénéon, Éditions Mexico, 2024, 12€
Format 11×16 cm, 96 pages dont deux cahiers sur papier rouge flamingo (un petit bémol pour la lisibilité !)

Un extrait

Cacophonie funèbre
et déchirante.
Le setter irlandais
le berger basque,
le bichon maltais,
le pointer anglais,
le lévrier afghan,
le loulou de Poméranie,
le bouvier des Flandres,
le dogue allemand
le danois et le pékinois
hurlent à la mort.
C’est la tour de Babel
qui s’écroule.

Florence Trocmé