Les 25 livres et revues reçus depuis le 5 décembre 2025 pour Poesibao par Florence Trocmé et Isabelle Baladine Howald

Les livres de la liste qui sont précédés d’une étoile sont présentés un peu plus largement dans la deuxième partie de l’article.
*Martin Rueff, Mode avion, éditions L’Extrême contemporain, 2025, 18€
Andreï Timchenov, Gagarine et la mort, bilingue, trad. Emmanuel Malherbet, Alidades, coll Petite bibliothèque russe, 2025, 37 p, 6€.
Noël Monahan, Les Russes arrivent, bilingue, trad. Emmanuel Malherbet, Alidades, Petite collection russe, 2025, 57 p., 6,50€.
Denise Le Dantec, Comment entre la lumière, Unicités, coll. Brumes et lanternes, 2025,15€.
*Dominique Sampiero, Retour au nous végétal, Ed de Corlevour/Revue la Forge, 105 p.,18€.
Yves Humann, Ce qui nous sépare du clair, Ed de Corlevour/Revue la Forge, 151 p, 18€.
Nan Marci, Le bonheur vient d’en bas, Editions du Dé rouge, design graphique, Ella Villaumié, 2025, 18€
Ana Blandiana, Poèmes résistants, Jacques André éditeur, trad Hélène Lenz, édition et présentée par Jean Poncet, bilingue roumain français, 2024, 316 p., 25€.
Natacha Wolinski, Endormir l’orage, Arléa, coll. La rencontre, 2025, 58p., 13€.
*Honoré de Balzac, Aventures administratives d’une idée heureuse, éditions de l’Éclat, 2026, 9€
*Honoré de Balzac, Les Martyrs ignorés, éditions de l’Éclat, 2026
*René Depestre, Rage de vivre, œuvres poétiques complètes, Seghers, 2025, 650p., 25€
Georges Perros, Pensées collées, choix de textes et préface inédites de Jean-Pierre Siméon, Folio 3€, 2025.
Samuel Martin-Boche, la clef par la fenêtre, Cahiers du Loup bleu, Les Lieux-Dits, 2025, 7€
Daniel Payot, Loup bleu, Cahiers du Loup bleu, Les Lieux-Dits, 2025, 7€
Martine Blanché, De fruit et de bois, Jérôme Do Bentzinger Editeur, 2025, 16€
Perle Vallens, solo, éditions Tarmac, 2025, 15€
Jordi Gallizia, Brasucade, Prix de la Vocation, Cheyne, 2025, 17€
Julie Tirard, comme un univers mort, lointain et toujours lumineux, coll. Scalène, Æncrages & Co
Charlène Dinhut, Plak, avant-propos de Fanny Quément, coll. prose libre, Editions Quartett, 2026, 16€
Jessica Quiry, diaporama (.zip) ; avant-propos de Philippe Annocque, coll. prose libre, Editions Quartett, 2026, 14€
•••récits
Hayashi Fumiko, Jeune printemps, Rue d’Ulm, 2025, 15€
•••Essais
*Marie Joqueviel-Bourjea et Corine Robet (dir.), Au vif de l’atelier d’écriture, penser et théoriser nos pratiques, coll. Ateliers, Hermann, 2025.
Gabrielle Halpern, Intelligence artificielle : et l’homme créa Dieu, Hermann, 2025,
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*Revue Doc(k)s, #, 5ème série, 2026, éditions éoliennes, 29,99€
*Revue Europe, janvier-février 2026, Rainer Maria Rilke, Anne Seghers, n° 1161-1162, 2026, 22€
Revue Nuire, #14 et #15, Poésie visuelle, edicions Paraules, revue internationale de poésie visuelle et expérimentale, mars-avril 2025 et octobre 2025, 20# et 15€
Revue Alsacienne de littérature, n°144, Entrevoir, 2025, 22€
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Présentations plus détaillées de certains livres de la vitrine.
*Martin Rueff, Mode avion, éditions L’Extrême contemporain, 2025, 18€
Mode avion est écrit « au clair du chagrin », à la première heure du manque ou du défaut. Il fait une aube à la vie maintenue, au seuil de la perte. Comme tel, ce livre est un tombeau ; comme tel il est une catastrophe : « ne croyez pas que je vais vous replonger dans le néant ».
Allant par poèmes, proses ou essais, Mode avion contient en lui les modes variés d’une histoire (une théorie ?) générale de l’écriture ou de l’ins cription, et d’une affaire particulière avec ce que Michel Deguy appelait « la chose de la poésie ».
Deguy dont le nom revient presque à chaque page, comme un élan, un transport, un signifiant halluciné ou un stupéfiant. Michel Deguy (1930-2022), un revenant sans appel, un extrême contemporain.
Mode avion, grand livre du défaut, est attaché à la poésie, « réel absolu », comme il lui est arraché. C’est un mode orphique : privation du signal, relance du poème.
Martin Rueff est poète, critique et traducteur, et dirige la revue Po&sie. Né en 1968, il enseigne à Bologne et Genève. source
*Honoré de Balzac, Aventures administratives d’une idée heureuse, éditions de l’Éclat, 2026, 9€
Les Aventures administratives d’une idée heureuse (1834), qui paraissent pour la première fois en volume, est un petit chef-d’œuvre d’une ironie mordante, doublée de la critique acerbe de la bureaucratie et des enjeux de pouvoir, contient tous les ingrédients de la narration balzacienne. Le texte aurait dû faire partie des études philosophiques qui accompagnaient les grands cycles de la Comédie humaine, mais les mille taches qui occupaient Balzac eurent raison de ces Aventures, presque inachevées, même si tout est déjà là : un sujet, des personnages hauts en couleur, un humour ravageur, une courtisane, un jeune homme, du fantastique (ou comment enfermer dans une fiole les idées ‘bleues’ d’un individu) et enfin une ‘idée’ : comment l’idée survit à l’homme et est transmise de génération en génération jusqu’à se confondre avec l’homme lui-même.
Présentation et notes de Michel Valensi
*Honoré de Balzac, Les Martyrs ignorés, éditions de l’Éclat, 2026, 9€
Les martyrs ignorés, qui aurait dû introduire les Études philosophiques de La Comédie humaine, est resté inachevé, même si la conversation à la ‘Table des philosophes’ du Café Voltaire, menée tambour battant avec tout le génie et l’ironie de Balzac, revient à poser la question qui est au cœur de la Comédie tout entière : “qu’en est-il de la pensée ? peut-on en abuser comme on abuse du café ? enrichit-elle la vie ou la détruit-elle?”, à laquelle répond l’œuvre même, qui témoigne que l’on meurt à trop penser, de même que sans penser, il n’est pas de vie qui tienne.
Présentation et notes de Michel Valensi
*Revue Doc(k)s, #, 5ème série, 2026, éditions éoliennes, 29,99€
dernier numéro de la Revue Doc(k)s qui fête cette année ses 50 ans d’existence, dernière revue internationale d’avant-garde dédiée aux différentes formes de poésies expérimentales.
Depuis 1976, 50 volumes (pour plus de 23000 pages) avec 17 CDs/DVDs/Carte USB ont été publiés/produits, réunissant plus de 3000 poètes internationaux. Doc(k)s permet de faire rayonner et de partager les poésies expérimentales des cinq continents.
Elle est aujourd’hui la plus ancienne et la dernière revue internationale de poésie vivante qui mixe les différentes formes de poésies expérimentales : Poésies Concrète, Visuelle, Sonore, Action/Performance et Numérique avec un support papier/sonore/vidéo.
Une grande exposition des 50 ans de Doc(k)s est prévue cette année notamment au CIPM du 28 mars au 13 juin prochain.
*René Depestre, Rage de vivre, œuvres poétiques complètes, Seghers, 2025, 25€
À l’occasion du centenaire du poète, un hommage à la hauteur de son œuvre lui est rendu avec la réédition de ses Œuvres poétiques complètes. Une autobiographie poétique qui frappe par la force de ses engagements et la beauté renouvelée de ses élans.
Véritable autobiographie poétique, Rage de vivre invite les lecteurs à un grand voyage à la rencontre d’un destin exceptionnel : celui de René Depestre, étudiant rebelle de Port-au-Prince, inspiré par André Breton et préfacé par Aimé Césaire, réfugié à Paris, exilé à Prague, engagé au côté de Pablo Neruda à Santiago du Chili, compagnon de lutte du Che Guevara à La Havane, poursuivant sa quête d’un monde meilleur en France, son exploration du réel merveilleux féminin à Lézignan-Corbières… René Depestre est depuis cent ans fidèle à ce » métier à métisser » qui est au cœur de son œuvre. Ses plus célèbres recueils côtoient ici des éditions rares pour célébrer parole de liberté et élan fraternel.
*Marie Joqueviel-Bourjea et Corine Robet (dir.), Au vif de l’atelier d’écriture, penser et théoriser nos pratiques, coll. Ateliers, Hermann, 2025.
En atelier d’écriture, nous travaillons sur et avec le vif – qu’il s’agisse du dispositif, des conditions d’exercice de la pratique d’animation, des textes qui s’écrivent et s’oralisent aussitôt, des groupes que l’écriture soude instantanément. De fait, par-delà les modalités spécifiques à tel atelier, telle façon d’animer ou tel public, la question du « vif » intéresse l’animation d’ateliers d’écriture en général – ne serait-ce que parce qu’elle traverse de part en part les deux grands enjeux performatifs qui incombent à l’animateur : proposer, retourner. Ce collectif s’intéresse au cadre de l’atelier (quel est le vif de l’atelier ?), à des expériences inédites où le vif, soutenant le dispositif, n’en infuse pas moins sur le long terme (comment faire du vif une attelle ?), à des ateliers où les langues s’apprennent d’être autrement vivantes (quels moyens l’atelier a-t-il d’aviver la langue ?), ou encore à des récits d’expériences conduites auprès de publics soulevant la question d’une éthique du vif (comment animer sur le vif de ce [qui est à] vif ?). Les « praticiens réflexifs » (D. Schön) que rassemble cet ouvrage se situent tous à l’articulation entre recherche, création et formation, l’atelier d’écriture se révélant dans leurs parcours respectifs ce dispositif mobile qui donne forme vivante à leurs nouages : un atelier d’écriture est une forme de vie.
*Dominique Sampiero, Retour au nous végétal, Ed de Corlevour/Revue la Forge, 105 p.,18€.
Voici un pays où les arbres pensent et respirent, cachent les promeneurs dans leurs bras pour réchauffer leur âme, un village où voter front national est comme une colère idiote, une peur d’être dépossédé de ce qui nous dépossède déjà, le territoire d’une humanité rugueuse mais attachante, là où vivre se remplit de ciel et d’injures, et où, sur la table de verre des saisons, les hommes et les femmes festoient avec les morts, leur solitude et leur ressemblance de plus en plus aveugle avec leurs maisons de briques et de nuages. Existe-t-il, dans le Nous du poème, une place pour ces gens, ces vies brutales et minuscules des Chemins Noirs qu’on caricature souvent ou que l’on méprise ?
*Revue Europe, janvier-février 2026, Rainer Maria Rilke, Anne Seghers, n° 1161-1162, 2026, 22€
Rainer Maria Rilkeest né en 1875 à Prague, d’une ancienne famille carinthienne dont il était le dernier représentant. Après une enfance triste et inquiète, enfin sorti de l’École des cadets de Sankt-Pölten à laquelle son père, officier, l’avait condamné, c’est une vie de voyages qu’il commence. Découvertes de l’Italie, de la Russie dont il apprend la langue. Stations à Worpswede où vit un groupe de peintres paysagistes et où il rencontre Clara Westhoff. Séjours à Meudon où l’attire la protection amicale de Rodin ; à Paris où il fait la connaissance de Gide et de Verhaeren ; dans les Baux où l’enchante le pur paysage provençal. Voyages encore et toujours en Suède, à Rome, à Venise, en Belgique, au Danemark, en Égypte, en Dalmatie, en Espagne enfin – jusqu’à la guerre qui déchire en lui des fibres secrètes et le condamne à des années d’immobilité et de silence… Dans la solitude de la campagne valaisanne, il s’affranchit peu à peu du long cauchemar et remet sur le métier ses plus purs poèmes, les Élégies, conçues et commencées dès 1913 dans le petit château de Duino, où le bruit monotone de l’Adriatique, qui venait en battre les fondations, lui avait prêté ses rythmes les plus amples. Il vient de traduire les poèmes de Paul Valéry et – don aimable et imprévu – d’accorder sa « petite lyre » avec les mots les plus clairs de la langue française, lorsque, à l’âge de 52 ans, la mort l’enlève à une gloire européenne qu’il ne redoutait même plus, tant il avait fini par en faire peu de cas. Au commencement de Rilke était la poésie, et à sa fin encore, chaque parole qu’il prononçait, en était chargée. Mais entre ces deux poésies se place une vie riche en expériences intimes, en souffrances qui peu à peu épuisèrent une âme et un corps sensibles à l’excès, en lutte avec tous les démons du cœur. « Car les vers ne sont pas, comme certains croient, des sentiments (on les a toujours assez tôt) mais des expériences… »
Contributions de Michel Itty, Manfred Engel, Kadhim Jihad Hassan, Leonid Pasternak, José Ángel Valente, Rainer Maria Rilke, Gerald Stieg, Paul-Laurent Assoun, Isabelle Baladine Howald, Christoph König, Rüdiger Görner, Peter Handke, Torsten Hoffmann, Anna-Dorothea Ludewig, Karine Winkelwoss, Bernard Böschenstein, Gilbert Amy, Hilde Heidelmann.